JOIE - 喜

 


Le Classique Interne de l'Empereur Jaune fait une association Elément/ Organe* / Emotion.

Foie - Colère.
Coeur - Joie.
Terre - Anxiété.
Poumon - Tristesse.
Rein - Peur.

A première vue la Joie fait figure d'intrus, et pourtant...

Le caractère 喜 désigne en fait à la fois Joie et Excitation.
Or, le Feu peut autant éclairer et réchauffer que se répandre et tout consumer sans discernement.

"Le feu ardent fait flamme et éclat de tout ce qui y est jeté" Marc-Aurèle.
La Joie du Feu doit permettre d'être paisible fasse aux diverses évènement de la Vie.
Le Feu retourne sous la Montagne et éclaire la Terre. 
Il permet l'Equilibre et la Justesse.
Il est le phare, la lanterne, le foyer.

Mais, sensationnalisme, gratification immédiate, sollicitation constante...
On en veux toujours plus et plus vite ! Excitation !
Pris au piège de la Toile, on se perd. 
Le Feu devient alors brasier, feu de foret, Ogre de Flammes.
"La Cigale, ayant chanté. Tout l'Été, Se trouva fort dépourvue. Quand la bise fut venue" De la Fontaine.

Ainsi, il est plus facile de comprendre la présence de 喜 dans la liste.

"Connais-toi toi même, et rien de trop" est inscrit sur l'Oracle de Delphes.  
"On n'est nulle part quand on est partout" Sénèque.
Peut être est-il bon de savoir aussi cultiver "L'éloge de la fadeur" (livre de F.Jullien).


Extrait du chapitre 1 des "Questions simples" (premier des deux livres composant le "Classique de l'Empereur Jaune") :

Huang Di demande : « J’ai entendu dire des hommes de la haute antiquité qu’ils passaient tous cent printemps et automnes, sans que leur activité ne décline ; les gens d’aujourd’hui, voient tous leur activité décliner à cinquante ans, est-ce parce que les temps ont changé ou est-ce un manquement des hommes ?

Qi Bo répondit : « Les hommes de la haute antiquité, qui connaissaient la voie, se conformaient au YinYang, s’harmonisaient à l’art des chiffres, mangeaient et buvaient avec mesure, s’activaient et se reposaient avec régularité, ne s’épuisaient pas vainement, ainsi leur corps et leur esprit étaient unis et ils pouvaient aller au bout du temps qui leur était imparti, dépasser les cents années puis partir.

Les hommes d’aujourd’hui ne sont pas ainsi, ils prennent l’alcool pour de la soupe, l’absurdité est leur ordinaire, ils entrent ivres dans la chambre, consument leur quintessence dans leur désir, et ainsi dispersent leur souffle véritable, ils ne savent pas maintenir la plénitude, ne sont pas doués à diriger leur esprit, se consacrent à ravir leur coeur, se fourvoient à vivre dans la volupté, s’activent et se reposent sans mesure, c’est pourquoi à cinquante ans ils déclinent. »


* : Organe avec une majuscule pour distinguer de la notion biologique.
Ukiyo-e : Tsukioka Yoshitoshi - Sahohime Kamitsukeno Yatsunata.

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